3. Des années difficiles

PGB suivra les aléas de l’histoire indonésienne : l’Indonésie est une jeune nation instable. En 1965, suite à un coup d’état qui portera au pouvoir pour plusieurs décennies le dictateur Suharto, nombre d’organisations politiques et sociales sont interdites, dont PGB. Suhu continuera d’enseigner mais dans l’ombre. Parallèlement, les aléas de sa vie privée et professionnelle l’amèneront à résider dans un temple bouddhiste de Bogor pendant 2 ans, période de retraite et d’intense pratique personnelle.

1. Les origines

Persatuan Gerak Badan (PGB), Union du Mouvement Corporel, trouve son origine dans la rencontre de 2 traditions, chinoise et indonésienne, à travers son fondateur le Grand Maitre Subur Rahardja (Liem Sin Tjui).  Celui que plus tard  ses étudiants appelleront Suhu (Sifu en Mandarin), qui signifie enseignant, professeur, maitre, est immergé, dès son plus jeune âge, dans la pratique et la culture des Arts Martiaux. Né en 1925 à Bogor dans l’île de Java, très jeune orphelin de père, il grandit dans la maison de son oncle, guérisseur et Maitre d’Arts Martiaux renommé. Les rencontres et échanges qui y ont lieu régulièrement  entre experts martiaux chinois et indonésiens le fascinent  dès son plus jeune âge. A partir de 8 ans, il s’entraine intensivement sous la direction de plusieurs Maitres de haut niveau.   Les enseignements « fondateurs » reçus par Suhu provenaient principalement des monastères de Shaolin, Wu Tang et Omei en Chine.

2. Les débuts de PGB

Suhu travaille à Jakarta (à 60km de Bogor), fonde une famille (nombreuse), et continue à pratiquer le Silat intensivement. Ses compétences étant de plus en plus reconnues, il lui est demandé d’enseigner, et un groupe se constitue qui conduit, avec le temps, à la création de PGB le 25 décembre 1952 à Bogor, avec la Grue Blanche pour emblème.

Sous la direction de Suhu Subur, la réputation de PGB grandit et s’étend à d’autres villes, ceci dans une période où les défis entre écoles d’Arts Martiaux faisaient partie de la norme. Dans cette atmosphère, PGB développe une forte communauté, non seulement dédiée à la pratique de  l’art martial, mais également  engagée dans la société.

3. Des années difficiles

PGB suivra les aléas de l’histoire indonésienne : l’Indonésie est une jeune nation instable. En 1965, suite à un coup d’état qui portera au pouvoir pour plusieurs décennies le dictateur Suharto, nombre d’organisations politiques et sociales sont interdites, dont PGB. Suhu continuera d’enseigner mais dans l’ombre. Parallèlement, les aléas de sa vie privée et professionnelle l’amèneront à résider dans un temple bouddhiste de Bogor pendant 2 ans, période de retraite et d’intense pratique personnelle.

4. Renouveau

A partir de 1969,  PGB peut agir à nouveau au grand jour et se développer : construction d’une salle d’entrainement,  arrivée d’élèves de plus en plus nombreux. Suhu se consacrera dès lors, et jusqu’à sa mort, à la transmission du Silat, art martial et art de vie puisant ses sources dans la tradition chinoise mais s’insérant dans la vie et la culture indonésiennes. La renommée de Suhu franchit les limites du seul monde des arts martiaux, son charisme et la richesse de son enseignement attirent un public de plus en plus large, dont des artistes, par le biais desquels arrivent les premiers  élèves occidentaux. Le centre de Tugu, construit sur un vaste terrain dans les collines proche de Bogor, accueille bientôt un groupe d’élèves indonésiens et occidentaux qui vivent dans l’école et se consacrent à temps plein à l’étude du Silat.   Suhu va commencer à voyager à l’étranger et les premières branches en occident seront ouvertes (USA, Allemagne), attirant de nouveaux élèves occidentaux pour des séjours plus ou moins longs à Bogor Pusat, « l’Ecole mère ». Différents groupes d’entraineurs indonésiens et occidentaux seront créés pendant cette période, organisés en différents « cercles ».  Suhu meurt le 1er janvier 1986.

C’est en janvier 1986 que la branche française est ouverte à Paris par une femme ayant résidé  9 ans en Indonésie,  membre d’un cercle d’entraineurs.

5. Transition

Choisi pour succéder à son père, Gunawan Rahardja,  alors âgé de 28 ans, doit relever différents défis dans sa position à la tête de l’Ecole. Pendant cette période creuse pour l’Ecole, faite d’incertitudes, le nouveau leader se consacre assidument à son entrainement personnel. Après plusieurs années de pratique intensive et solitaire,  qui le mènent jusqu’à la source des enseignements transmis par son père, il atteint le niveau de maîtrise et de compréhension nécessaires pour assumer pleinement son rôle.

6. Une nouvelle  ère

Les compétences du jeune Maître attirent une nouvelle génération d’élèves tandis que d’anciens élèves reviennent  étudier sous sa direction. En 1992, PGB organise au centre de retraite de Tugu, la première retraite internationale officielle qui réunira anciens et nouveaux élèves indonésiens et étrangers. Depuis, des retraites internationales sont régulièrement organisées à tour de rôle par différents pays : en Indonésie à Java et Bali, aux E.U., en Allemagne, Espagne, et en France (dont la retraite internationale de 2025).

Sa maîtrise dépasse le domaine martial et en 1993, il débute une pratique médicale de guérisseur (praticien énergétique) à Bogor, laquelle continue aujourd’hui  d’être florissante, attirant de nombreux patients.

En 1999, lors de la cérémonie annuelle de la pleine lune (Pe Gwe Cap Go), Gunawan Rahardja est formellement nommé Grand Maitre de PGB par une assemblée d’anciens. Nombre de seniors aujourd’hui le reconnaissent comme leur Maitre et l’appellent Suhu.

En 2000  est enseigné un nouveau système de mouvements énergétiques dans une vision holistique de santé. Connu aujourd’hui sous le nom de Tao Kung, ce système est enseigné en Indonésie et dans d’autres pays dont la France.